Madère surprend par son grand écart, cette illusion d’être transporté à l’autre bout de la planète tout en restant sur le vieux continent. L’île se vit comme un jardin infini, un monde vertical suspendu entre ciel et océan, où les routes et les villages accrochés au vide donnent le vertige. Par moments, face à cette nature sauvage et théâtrale, on se surprend à penser à Hawaï.
Ici, chaque versant raconte une histoire différente. Le sud cultive une douceur ensoleillée, tandis que le nord se pare d’une humidité luxuriante. À l’est, les reliefs sauvages se font vertigineux et bruts, tandis que la péninsule de l’extrême ouest s’ouvre sur des décors lunaires et rocailleux. Tout là-haut, sur les crêtes et les hauts plateaux souvent enveloppés de brume, s’accumule l’eau nourricière qui dévale en centaines de cascades, ruisseaux et levadas pour abreuver cette exubérance végétale.
La vie s’écoule avec la lenteur d’un printemps éternel, bercée par les notes nostalgiques du Fado. Un archipel de contrastes bruts et poétiques, qui laisse l’esprit durablement captif de sa beauté farouche.